Les stupéfiants

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Les stupéfiants

Message  Admin le Sam 29 Mar - 10:52

Si l’on se réfère à ses propres auditions, ainsi qu’aux expertises mentales et psychologiques qui le concernent, Michel LELIEVRE a versé très tôt dans la toxicomanie ; quand en juillet 1995 Marc DUTROUX lui propose de vendre pour lui de l’héroïne, il a déjà été condamné pour détention et usage de stupéfiants en 1994 à 15 mois de prison. Ce serait en échange du prix de location de son logement et du fait d’une dette que Michel LELIEVRE a contractée à l’égard de son nouveau logeur, Marc DUTROUX, que celui-ci lui aurait procuré régulièrement de l’héroïne pour la revendre, et ce, à partir de l’été 1995 ; il en aurait également consommé jusqu’à l’enlèvement d’Ann et Eefje et en aurait repris à partir de l’enlèvement de Sabine en mai 96 jusqu’à son arrestation en août 96 ; devant les experts psychiatres, Michel LELIEVRE insiste pour affirmer son absence de dépendance à l’égard des substances psycho-actives et sa capacité tant à contrôler l’usage de ces toxiques qu’à gérer sa vie à sa façon. Dans certaines auditions cependant, il évoque la pression qu’aurait exercée Marc DUTROUX, par l’intermédiaire de l’héroïne qu’il lui procurait, pour le forcer à participer aux enlèvements qu’il reconnaît avoir effectués ; pour rappel de ce qui a déjà été dit à propos de l’enlèvement de Laetitia DELHEZ, Michel LELIEVRE énumère les prises d’héroïne qu’il se sent obligé de prendre juste avant et juste après les faits d’enlèvement.
On retrouverait Michel LELIEVRE dans un commerce, nettement plus florissant cette fois, de pilules d’ecstasy à partir du mois de juin 1996, pilules fournies par Michel NIHOUL, une partie de l’argent étant avancée par Marc DUTROUX ; il serait mis fin à ce trafic au moment de l’arrestation des trois accusés.
C’est en tout cas ce que tant Marc DUTROUX que Michel LELIEVRE ont, dès le début de l’enquête, exposé aux enquêteurs ; c’est ce qu’ont également confirmé tout au long de cette enquête les témoins C. Jean-Claude, BOUTY Annie, B. Maryse, B. Georges, S. Marino, P. Cosimo, G. Géry, R. Damiano, FL. Casper, B. Gentiane, WALSH David, N. Annie, C. Stéphane et G. Christian ; c’est ce qu’ont enfin confirmé les différentes saisies de pilules d’ecstasy effectuées par les enquêteurs aux domiciles de Marc DUTROUX, de Michel NIHOUL et de BERTRAND Maryse, l’amie de Michel LELIEVRE.
De l’ensemble de ces témoignages et constatations, il apparaît qu’en avril 1996, Michel NIHOUL aurait reçu la visite de David WALSH qui s’était d’abord présenté chez Annie BOUTY. David WALSH aurait été en possession de dix kilos d’amphétamines et de 5000 pilules d’ecstasy qu’il devait livrer en Suède pour des trafiquants hollandais. David WALSH est anglais ; il a déjà été en relation avec Michel NIHOUL et Michel LELIEVRE l’année précédente dans le cadre de l’expédition d’une Mercédes 500 volée à destination du Maroc. Il reviendrait en avril 1996 vers Michel NIHOUL, parce qu’il désire doubler ses commanditaires hollandais et vendre à son profit cette importante quantité de drogue, et il aurait besoin de Michel NIHOUL pour écouler la marchandise.
Celui-ci lui aurait montré l’intérêt qu’il portait à cette transaction, et il aurait expliqué à David WALSH qu’il pouvait vendre l’ecstasy en deux jours, mais en gardant tout le profit pour lui ; ce qui n’aurait évidemment pas plu à David WALSH. Michel NIHOUL aurait alors joué un double jeu. Il aurait d’abord averti son contact à la BSR de Dinant, le gendarme Gérard VANNESSE, que David WALSH était de retour et qu’il était possible de le faire arrêter pour trafic de stupéfiants ; puis dans un second temps, l’ecstasy caché dans le pneu de rechange ayant été transporté dans l’appartement de Michel NIHOUL, celui-ci ne parlera plus aux gendarmes que des amphétamines et David WALSH sera interpellé et arrêté le 23 avril 1996 par les gendarmes de la BSR de Bruxelles avec qui Michel NIHOUL avait été mis en contact par l’intermédiaire de Gérard VANNESSE ; David WALSH sera jugé et condamné pour le trafic des dix kilos d’amphétamines trouvés dans son coffre et il ne sera jamais question des cinq mille pilules d’ecstasy restées chez Michel NIHOUL. Gérard VANNESSE étant décédé en 1997, ses collègues RASADOR Claude, MILICAMP Alain, GOLENVAUX Marcel, HAULOT Stéphane, VROLIX Roger et HERMANS Rudy attestent des opérations précitées. Mais ils ne sauront rien des 5000 pilules d’ecstasy qui seraient restées chez Michel NIHOUL et que celui-ci aurait alors entrepris d’écouler pour son compte ; cela n’apparaîtra cependant qu’à partir de l’arrestation des quatre accusés en août 1996, lors de l’élucidation de l’enlèvement de Laetitia DELHEZ.
Déjà dans l’entourage familial ou habituel de Michel NIHOUL, il sera fait état qu’il était à cette époque en possession de pilules d’ecstasy : c’est le cas d’Annie BOUTY, de son frère Georges BOUTY, de Gentiane BOUTY, d’Annie NOEL et de Casper FLIER.
Mais ce sont surtout Marc DUTROUX et Michel LELIEVRE qui vont, en s’impliquant eux-mêmes dans ce trafic, préciser les dates et les quantités de pilules qui seraient fournies par Michel NIHOUL : par plusieurs paquets de 100 pilules au début, à partir du mois de juin 1996, dont les cent premières seraient financées par Marc DUTROUX, et puis surtout une dernière et très importante livraison de 1000 pilules, le matin du 10 août, directement à Michel LELIEVRE, alors que celui-ci vient à peine de commettre avec Marc DUTROUX l’enlèvement de Laetitia DELHEZ et que celle-ci vient de passer sa première nuit de séquestration chez Marc DUTROUX. Michel LELIEVRE donne des précisions sur cette transaction à Bruxelles, en fin de matinée du samedi 10 août, et Jean- Claude COPPIN, qui l’a accompagné ce jour là, confirme la totalité de la version de Michel LELIEVRE et reconnaît Michel NIHOUL comme étant l’homme, habitant au boulevard Jaspar, ayant donné le paquet contenant les mille pilules ; comme d’ailleurs d’autres témoins, comme Géry GUYOT notamment, attesteront d’autres livraisons par Michel NIHOUL.
Au cours des six années d’instruction, celui-ci contestera toutes ces accusations, quand bien même les constatations faites sur place, et notamment dans son domicile, et tous les autres témoignages pourraient le contredire. Il est vrai, qu’à l’époque, il ne veut reconnaître que deux ou, tout au plus, trois rencontres avec Marc DUTROUX, et pour des motifs plus qu’anodins tel celui de la réparation de son véhicule ou celui de la visite de son immeuble en qualité d’expert immobilier.
En fin de procédure, lors du règlement de celle-ci en chambre du conseil et un peu plus tard en chambre des mises en accusations, en septembre 2002 et en mars 2003, il dira qu’effectivement il a reçu ces pilules d’ecstasy de la BSR de Bruxelles, et qu’en qualité d’informateur de celle-ci, il en a distribué à Michel LELIEVRE. Il devait, dit-il, renseigner les gendarmes sur les allées et venues du tandem DUTROUX-LELIEVRE, dont on sait à présent ce qu’ils pouvaient être à l’époque, soi-disant remonter la filière drogue à laquelle participait Michel LELIEVRE et surveiller Marc DUTROUX qui voulait développer un réseau de prostitution et pratiquait un trafic de véhicules. Michel NIHOUL invoquera même le terme de provocation pour qualifier les faits et gestes des gendarmes.

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