Les faits commis à l’égard de ROCHOW-DIVERS- JADOT

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Les faits commis à l’égard de ROCHOW-DIVERS- JADOT

Message  Admin le Mar 25 Mar - 11:21

Quand, le 5 novembre 1995 vers 2H00 du matin, Bénédicte JADOT provoque l’alerte à Police Secours Charleroi, elle semble droguée et s’exprime difficilement ; et son message est de dire que son bébé est ligoté sur un lit.
Lorsque les agents de police, sous sa conduite, pénètrent dans le chalet au 63 de la rue Daubresse à Jumet, en fait de bébé, ce sont deux grands gaillards que les policiers trouvent somnolant et enchaînés sur un lit métallique. Ils ont le cou et les chevilles entravées par des menottes et des chaînes qui sont reliées entre elles et fermées par des cadenas. Ils ne paraissent pas porter de coups, mais ils semblent drogués et incapables de s’expliquer. Bénédicte JADOT ne peut davantage s’exprimer et semble, elle aussi, s’endormir. Ces trois jeunes gens sont aussitôt conduits à l’hôpital civil de Jumet où ils sont considérés comme médicalement hors de danger ; il n’exhale d’eux aucune odeur d’alcool, mais ils semblent manifestement avoir avalé des somnifères.
Les policiers découvrent en effet sur place des tablettes de Flunitrazépam en partie utilisées. Les trois victimes sont identifiées :
outre Bénédicte JADOT, âgée de 23 ans, son fiancé Pierre ROCHOW, bientôt 24 ans, et Philippe DIVERS, 25 ans. Celui-ci semble revenir peu à peu à une meilleure conscience et, dans un langage encore peu cohérent, raconte son aventure : avec Pierre ROCHOW, ils seraient arrivés dans la soirée au 63 de la rue DAUBRESSE, et ils seraient à peine entrés qu’un prénommé Bernard et un inconnu prénommé Marc les auraient braqués avec un pistolet muni d’un silencieux, puis les auraient obligés à se coucher sur un lit, les auraient liés avec des chaînes, et leur auraient fait prendre des médicaments.
Il s’avère en effet que le seul occupant de l’immeuble en question se prénomme Bernard ; c’est un sujet français nommé WEINSTEIN que la rapide enquête de voisinage décrit comme calme et pas méchant. L’affaire est néanmoins jugée grave et sérieuse puisque le parquet de Charleroi est prévenu durant la nuit, d’autant plus que Monsieur VERSTRICHT, le policier ayant été chargé de la surveillance de l’immeuble, a dû faire usage de son arme de service devant la menace d’un homme qui tentait d’y pénétrer.
Le lendemain 6 novembre, Pierre ROCHOW et Philippe DIVERS sortent de l’hôpital et sont déclarés en incapacité de travail ; ils constatent d’emblée que leurs véhicules ont été volés et que différents objets ont également été dérobés au domicile de Pierre ROCHOW à Waterloo. Le même jour, Pierre ROCHOW désigne la maison où habiterait celui des suspects se prénommant Marc : il s’agit du 128 avenue de Philippeville à Marcinelle, domicile de DUTROUX Marc, connu de la police pour divers vols et pour moeurs. Tout comme Bernard WEINSTEIN, il est introuvable quoique convoqué par écrit, et cela jusqu’au 6 décembre après-midi, date à laquelle il se présente au commissaire DEWINDT de la police communale de Charleroi, après avoir passé la matinée à la police judiciaire de Charleroi dans le cadre d’une autre enquête. Interpellé sur les faits, Marc DUTROUX les nie et exige une confrontation avec les victimes. Il est formellement reconnu par Pierre ROCHOW et par Philippe DIVERS, mais pas par Bénédicte JADOT, qui semble ne l’avoir vu que le jour des faits ; il est vrai que Marc DUTROUX a fondamentalement changé de physionomie depuis ceux-ci. Le jour même, 6 décembre, Marc DUTROUX est placé sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction LORENT de Charleroi ; il restera en prison jusqu’au 20 mars 1996. Dès le 13 décembre, le juge d’instruction LORENT ordonnera des perquisitions dans les différents immeubles appartenant à Marc DUTROUX, perquisitions effectuées par la BSR de Charleroi sous la direction du maréchal des logis-chef MICHAUX ; ce sont les perquisitions dont il a déjà été fait état lors de l’examen des faits concernant les petites Julie et Mélissa. Des fioles pharmaceutiques, des gélules de somnifères, une boite ayant contenu des menottes, mais aussi différentes cassettes VHS et de caméscope sont saisies ; une deuxième perquisition est pratiquée le 19 décembre, de laquelle le maréchal des logis-chef MICHAUX ramène des chaînes et des cadenas.
Il semble résulter de l’ensemble des auditions faites à la suite de ces premiers devoirs que Marc DUTROUX et Bernard WEINSTEIN – ce dernier étant toujours introuvable – aient reproché à Pierre ROCHOW et Philippe DIVERS d’avoir fait disparaître un camion du hangar que Marc DUTROUX loue à Gérard PINON ; ce camion avait en fait été volé quelques jours plus tôt par Bernard WEINSTEIN et Pierre ROCHOW qui l’avaient caché dans ce hangar. Pour les faire parler et retrouver ce camion, Marc DUTROUX et Bernard WEINSTEIN auraient imaginé d’attirer Pierre ROCHOW et Philippe DIVERS à Jumet, au domicile de Bernard WEINSTEIN ; ils les auraient menacés par arme, puis drogués et enchaînés. Devant l’absence de réponse des deux jeunes gens, ils seraient allés jusqu’au domicile de Pierre ROCHOW à Waterloo, y auraient trouvé Bénédicte JADOT, qu’ils auraient ramenée à Jumet où ils l’auraient également droguée. Puis, Marc DUTROUX et Bernard WEINSTEIN seraient retournés de nouveau à Waterloo, y auraient dérobé certains objets et emmené les deux voitures des deux jeunes gens. Bénédicte JADOT ayant réussi à se libérer et à avertir la police, c’est sur une maison assiégée par les forces de l’ordre que Marc DUTROUX et Bernard WEINSTEIN seraient tombés lors de leur retour à Jumet. Les choses en sont là, lorsque Gérard PINON apprend le 17 août 1996, par la presse, la découverte à Sars la Buissière par les enquêteurs de Neufchâteau, du corps de Bernard WEINSTEIN dont il est sans nouvelles depuis la mi-novembre 1995. Il se rend alors à la BSR de Bastogne et informe l’adjudant-chef VERDUYCK de ce qu’il sait de ces faits et de la personnalité des intervenants. Il déclare qu’il est informateur de l’inspecteur ZICOT de la police judiciaire de Charleroi, qu’il a averti celui-ci de la présence d’un camion volé dans un hangar qu’il loue à Marc DUTROUX, et que c’est cet inspecteur ZICOT qui est venu un soir récupérer subrepticement ce camion, source du conflit et donc du malentendu qui a dès lors opposé les auteurs et les victimes de cette séquestration du 4 novembre 1995.
Le dossier du juge d’instruction LORENT sera alors transmis à Neufchâteau et joint au dossier de l’assassinat de Bernard WEINSTEIN ; il sera confié au juge d’instruction CONNEROTTE, puis au juge d’instruction GERARD, puis enfin au juge d’instruction LANGLOIS, qui chargera le 1°MDL BARTHELEMY d’en faire la synthèse.
Bernard WEINSTEIN étant décédé, seul Marc DUTROUX est accusé de ces faits, dont il reconnaît la responsabilité, mais pour lesquels il nie certains détails. Les dossiers annexes de vols de camions et autres trafics de véhicules ont été disjoints et transmis à Nivelles pour y être jugés.

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