Opération "OBELIX"

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Opération "OBELIX"

Message  Admin le Lun 24 Mar - 11:56

Suite à l'enlèvement de Laetitia Delhez, puis à la découverte d'indices, la nuit du 11 au 12/08/1996, il est décidé de mettre à pied d’oeuvre :

- 11 doubles équipes mobiles et statiques du POSA sur les 11 endroits où sont susceptibles d’être découverts Marc DUTROUX et ses complices potentiels dans la région de Charleroi et à Sambreville. Dès 3 heures du matin, ces équipes seront en
place pour observation suivie d’interception en cas de flagrant délit ou au plus tard à 20h.30, le 13/08/1996. Des mandats de perquisitions et mandats d’amener sont décernés par le juge d’instruction CONNEROTTE qui a succédé le 11/08/1996 à son
collègue LANGLOIS en congé ;

- autant d’équipes du laboratoire de la P.J. sous la coordination de Monsieur JADIN du laboratoire de Charleroi, sont chargées d’inspecter les lieux perquisitionnés, dès l’interception des suspects, par autant d’équipes de gendarmerie ;

- plusieurs équipes gendarmerie – police judiciaire d’Arlon sont formées et mises en réserve pour auditionner les différents suspects interceptés sur les lieux visés.
Le procureur du Roi prévient son collègue de Charleroi et le magistrat national, Monsieur VAN DOOREN et leur fixe rendezvous pour la matinée du 13 août, au district de Charleroi où il se déplace avec le juge d’instruction CONNEROTTE.

Vers 14h.00, les différentes observations autorisent le juge d’instruction à déclencher les opérations d’interception des suspects et les perquisitions. Marc DUTROUX et son épouse Michelle MARTIN sont ramenés de Sars-la-Buissière, où Madame PUERS,
mère de Michelle MARTIN, sera autorisée à garder les trois enfants du couple. LELIEVRE Michel, qui est locataire d’un immeuble de Marc DUTROUX à Marchienne, est intercepté également à Sars-la-Buissière en même temps que les époux
DUTROUX ; d’autres locataires, après interrogatoire, seront relâchés.

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Suites de l’opération OBELIX

Message  Admin le Lun 24 Mar - 12:16

A l’issue de l’opération :

1) les premières perquisitions sont négatives, en ce sens que Laëtitia DELHEZ n’est pas retrouvée ; de multiples prélèvements de traces de tous ordres sont cependant effectués par le laboratoire de la police judiciaire et transmis aux fins d’analyse ;

2) les trois personnes interceptées nient s’être un jour ou l’autre rendues à Bertrix et bien sûr être pour quoi que ce soit dans la disparition de Laetitia ; Michel LELIEVRE affirme ne s’être rendu ce mardi 13 août à SARS que pour solliciter Marc DUTROUX pour l’aider à réparer sa voiture ; il n’a, selon lui, fréquenté Marc DUTROUX ni le vendredi 9 ni le samedi 10, journées au cours desquelles il n’aurait fréquenté que son amie Maryse B., chez qui il a passé la nuit du 9 au 10, et son ami Jean-Michel NIHOUL à qui il a rendu visite à Bruxelles. Marc DUTROUX, quant à lui, affirme d’emblée que ledit véhicule RENAULT TRAFIC est en panne depuis une quinzaine de jours, raison d’ailleurs pour laquelle il était en train d’en enlever la plaque d’immatriculation lorsque les policiers sont intervenus chez lui ce mardi 13 août ; le 9 août il était selon lui au Tribunal de Charleroi puis chez son avocat. Michelle MARTIN confirme que le véhicule Trafic est en panne depuis quinze jours ; elle a cependant aidé Marc DUTROUX à le faire démarrer pendant le week-end à Marcinelle pour lui
permettre de le conduire à Sars. Elle présente quant à elle un alibi pour la journée du 9 août qu’elle a passée avec ses enfants et sa mère en excursion à Dinant.

3) le véhicule Renault TRAFIC, en panne, est donc ramené dans la cour de la gendarmerie de Charleroi, ainsi que d’autres véhicules appartenant aux suspects. Ces véhicules seront immédiatement examinés par les experts, le laboratoire de la P.J.
et les chiens pisteurs.
Une rapide enquête de voisinage, pratiquée par l’adjudant-chef LEBLANC, de la B.S.R. de Charleroi, permet de confirmer que le couple DUTROUX-MARTIN a pu faire démarrer le véhicule RENAULT, le samedi 10 août, en le tractant au moyen de la Citroën CX du couple. Mais surtout, cette enquête, et notamment les témoins L.Georgette et C. Viviane, fait apparaître que Marc DUTROUX et Michel LELIEVRE sont formellement reconnus pour avoir utilisé ce véhicule et en avoir débarqué un enfant, le fils de Marc DUTROUX selon les témoins, enveloppé dans une couverture au domicile de Marc DUTROUX à Marcinelle en fin de soirée le week-end précédent.
Sur ces maigres éléments, les trois suspects sont ramenés à Neufchâteau où ils seront entendus par les enquêteurs des B.S.R. de Neufchâteau et Marche et par la P.J. d’Arlon.
Le mercredi 14/08/1996, ils seront placés tous trois sous les liens du mandat d’arrêt par le juge d’instruction CONNEROTTE.
En effet, ce même mercredi 14/08/1996 dans la matinée, Marc DUTROUX a été confronté aux premiers résultats de l’expertise de son véhicule Renault Trafic : malgré une panne de démarreur, il semble que le véhicule ait roulé les jours précédents ; par ailleurs, le chien pisteur a « fixé » les sièges arrières du véhicule après avoir senti des effets ayant appartenu à Laëtitia DELHEZ ; de plus, les témoignages recueillis lors de l’enquête de voisinage confirment que la camionnette a roulé le week-end, et notamment un soir après la disparition de Laëtitia DELHEZ.
Devant ces éléments Marc DUTROUX estime, au lendemain de sa première interpellation, que tout ceci a assez duré et qu’il est disposé à dire toute la vérité. Il reconnaît que le vendredi, jour de la disparition de Laetitia, il est parti seul au volant du mobilehome Trafic FFR672, et cela sans destination particulière. Il reconnaît également être arrivé dans une ville où devaient se dérouler des courses de mobylettes, ce qui était le cas à Bertrix ce jour là ; s’étant garé dans une rue en pente, il aurait abordé une jeune fille, apparemment facile selon lui, qui se serait assise avec lui sur la banquette arrière du véhicule. Après s’être promené avec elle une heure sur la fête à Bertrix, il l’aurait quittée pour rentrer directement sur Charleroi ; la jeune fille est restée à Bertrix, il ne sait pas ce qu’elle est devenue.

Ce même 14 août, Michel LELIEVRE, n’étant pas mis en cause par Marc DUTROUX dans l’expédition bertrigeoise du 9 août, précise son emploi du temps du week-end en expliquant l’avoir passé en compagnie de son amie Maryse BERTRAND à
Charleroi, hormis deux visites à son ami Jean-Michel NIHOUL à Bruxelles, le vendredi 9 en début de soirée et le samedi 10 en matinée et une sortie la nuit du samedi dans un dancing de la région de Tournai ; il est impossible pour lui qu’un témoin l’ait vu
ce week-end là au volant du mobile-home de Marc DUTROUX . Michelle MARTIN, qui n’est pas davantage mise en cause par son mari, s’étonne qu’il ait pu reconnaître s’être rendu à Bertrix et ne peut comprendre qu’il ait pu faire un tel trajet avec un
véhicule qu’elle continue de prétendre en panne. Elle précise cependant que lorsqu’elle est passée le vendredi 9 dans la matinée à Marcinelle chez Marc DUTROUX, avant de se rendre à Dinant, Michel LELIEVRE se trouvait avec Marc DUTROUX à
Marcinelle , ce que Michel LELIEVRE nie formellement.

Le lendemain 15 août et devant ces contradictions, Michel LELIEVRE passe aux aveux limités à sa participation avec Marc DUTROUX à l’enlèvement de Laetitia DELHEZ à Bertrix le 9 août. Dans la foulée, Marc DUTROUX reconnaît également sa
participation à cet enlèvement ainsi qu’à celui d’une autre jeune fille nommée Sabine ; il consent à indiquer aux enquêteurs l’endroit où elles sont séquestrées. Immédiatement, les enquêteurs se rendent au domicile de Marc DUTROUX à Marcinelle ;
dans la cave de cet immeuble, celui-ci ouvre une porte dissimulée sous une armoire murale et une cache est ainsi mise à jour dans laquelle les enquêteurs trouvent Laetitia ainsi que Sabine DARDENNE disparue de Tournai depuis la fin mai 1996.
Interrogée immédiatement après cette découverte de début de soirée, Michelle MARTIN exprime son étonnement : elle est sidérée par les faits commis par son mari, faits auxquels elle affirme n’avoir nullement participé ; elle ignorait qu’une cache avait été aménagée dans cette cave. C’est ce que va d’ailleurs confirmer Marc DUTROUX qui à ce moment innocente complètement son épouse, tandis qu’il décrit, de la façon qui sera précisée lors de l’analyse des faits, sa participation et celle de Michel LELIEVRE dans la reconnaissance des lieux, la préparation, l’enlèvement et la séquestration de Sabine et Laetitia ; il reconnaît également avoir violé ces deux dernières jeunes filles à plusieurs reprises.

Le lendemain 16 août, après que leurs mandats d’arrêt aient été confirmés par la Chambre du Conseil, de nouvelles révélations faites par les trois inculpés vont faire progresser l’enquête pour d’autres faits parfois bien antérieurs.
C’est d’abord, dans la matinée, Michelle MARTIN qui fait part aux enquêteurs de détails qui lui ont paru bizarres à propos de nombreux coups de téléphone donnés en son domicile de Sars la Buissière durant tout le week-end du 9 au12 août par une
personne dont Michel LELIEVRE avait déjà cité le nom quand il s’agissait de se procurer un alibi pour justifier l’impossibilité d’être avec Marc DUTROUX à Bertrix le jour de l’enlèvement de Laetitia : Jean-Michel NIHOUL ; elle affirme que Marc
DUTROUX lui a présenté ce NIHOUL comme étant un individu aimant les jeunes filles et les orgies, ayant des relations dans les pays de l’Est et pouvant procurer des fausses cartes d’identité par l’intermédiaire de son épouse avocate ; Michelle MARTIN
ajoute qu’il ne serait pas impossible que ce Jean-Michel procure de la drogue à Michel LELIEVRE.
Alors que les enquêteurs recherchent Jean-Michel NIHOUL depuis deux jours, celui-ci se présente à eux, à Bruxelles, dans la soirée du 15 août, et est conduit le 16 dans la matinée au juge d’instruction qui l’inculpe de participation à une association de
malfaiteurs impliquée dans des enlèvements et séquestrations d’enfants, notamment Laetitia. Il nie toute participation à un quelconque de ces faits et se présente comme étant un collaborateur régulier de la BSR de Dinant dans le domaine des trafics de
drogue et de voitures volées, activités pour lesquelles il se dit rétribué par le Ministère de la Justice. Les contacts qu’il a eus avec Marc DUTROUX et Michel LELIEVRE durant le week-end concernent, selon lui, la réparation de son véhicule Audi.

Michel LELIEVRE quant à lui précise ses activités avec Marc DUTROUX ; il aurait fait sa connaissance en juin 95 et dès le mois d’août suivant, Marc DUTROUX l’aurait informé que certaines de ses connaissances lui proposaient de l’argent contre des
jeunes filles de moins de 18 ans ; c’est ainsi qu’il aurait accompagné Marc DUTROUX en repérage dans le centre puis dans le nord du pays ; Marc DUTROUX lui ayant confié qu’il avait une commande, ils ont réalisé tous deux, fin août 95, un enlèvement
de deux jeunes filles à Ostende. Les verbalisants, à qui il fait ces aveux, comprennent que les renseignements qu’il donne correspondent parfaitement aux éléments recueillis lors de la disparition d’An MARCHAL et d’Eefje LAMBRECKS ; Michel
LELIEVRE, qui les reconnaît formellement sur photo, affirme ignorer le sort des deux jeunes filles, qui selon lui a du dépendre de Marc DUTROUX et de son complice de l’époque Bernard WEINSTEIN.

Le même jour, Marc DUTROUX confirme avoir effectué cet enlèvement avec Michel LELIEVRE dans des circonstances identiques à celles révélées par celui-ci, mais à la différence que c’était Michel LELIEVRE qui lui avait dit connaître un réseau
disposé à acheter des filles en vue de les prostituer, que le prix offert était de 100.000 FB, que Michel LELIEVRE était parti avec les deux filles qu’ils avaient enlevées et qu’il avait été payé par Michel LELIEVRE lui-même peu après.
Le lendemain matin, 17 août, Marc DUTROUX va encore fournir d’autres données et faire de nouvelles révélations. Selon ses dires, Michel LELIEVRE et Bernard WEINSTEIN ont un jour amené chez lui deux petites filles, Julie et Mélissa, qu’il a dû garder chez lui à son corps défendant. Quelques temps plus tard, ils auraient enlevé, avec un troisième complice, An et Eefje, qui auraient également été séquestrées un moment à Marcinelle. Ces quatre enlèvements auraient été effectués en dehors de toute volonté de Marc DUTROUX . Puis, Bernard WEINSTEIN et Michel LELIEVRE auraient emmené An et Eefje vers une destination inconnue ; Julie et Mélissa sont restées à Marcinelle sous sa garde, jusqu’à ce qu’il soit emprisonné en décembre 95 pour l’affaire de la séquestration de trois majeurs consécutive au vol d’un camion. Avant d’entrer en prison, il aurait assassiné et enterré Bernard WEINSTEIN à Sars, parce que celui-ci voulait se débarrasser des deux petites filles et s’enfuir en France. Julie et Mélissa sont restées séquestrées dans la cache de Marcinelle pendant tout le temps de son emprisonnement, Michel LELIEVRE étant chargé de les nourrir. Lorsqu’il est sorti de prison en mars 1996, il se serait aperçu que Michel LELIEVRE ne s’en était pas occupé ; les deux petites étaient mourantes et sont d’ailleurs mortes dans les heures suivantes. Il a donc dû les enterrer à l’endroit où il avait déjà enterré Bernard WEINSTEIN, endroit qu’il se dit disposé à désigner sur place aux enquêteurs.

Effectivement, transporté sur place, dans le jardin de Sars-la-Buissière, il indique aux magistrats et aux enquêteurs un endroit où creuser ; trois corps sont retrouvés ; il s’avèrera qu’il s’agit bien de Julie LEJEUNE, Mélissa RUSSO et Bernard WEINSTEIN.
Pendant ce temps, Michelle MARTIN déclare ignorer tout des activités de son mari, n’avoir eu nulle connaissance de l’enlèvement et de la séquestration d’An et Eefje ; elle ne parvient pas à croire que Marc DUTROUX ait reconnu avoir enlevé
plusieurs jeunes filles. Elle ne le croit pas capable de tuer et plutôt que de les avoir supprimées après en avoir abusé, elle estime que ce serait plutôt pour les revendre qu’il les aurait enlevées. Elle précise d’ailleurs que ces derniers temps, Marc DUTROUX
était en contact étroit avec ce Jean-Michel NIHOUL, dont elle a déjà parlé précédemment, à qui il rendait souvent visite à Bruxelles, qui lui téléphonait souvent et pour qui il semblait avoir un grand respect. Lorsqu’elle apprend la découverte des corps des deux petites liégeoises et de Bernard WEINSTEIN, elle se dit consternée ; elle n’était pas du tout au courant de la présence de corps dans son jardin à Sars-la-Buissière, pas plus qu’elle n’y a vu DUTROUX creuser ; elle précise que depuis juillet 1995, sa grossesse l’obligeait à rester couchée et qu’après l’accouchement, elle a été atteinte de dépression nerveuse. Pendant l’arrestation de son mari, elle a séjourné chez sa mère à Waterloo avec ses enfants.

Ce 17 août, Michel LELIEVRE ne fait aucune déclaration particulière concernant les nouvelles découvertes de l’enquête.

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