Sylvie Ricour contre-attaque

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Sylvie Ricour contre-attaque

Message  Admin le Ven 31 Oct - 15:45

Sylvie Ricour contre-attaque

DELEPIERRE,FREDERIC

Samedi 20 septembre 2008
Police

La conseillère de Fernand Koekelberg veut interpeller le comité P. Elle estime que seuls des témoins à charge ont été entendus. Son avocate envisage aussi des actions.

entretien

Ancienne secrétaire de Fernand Koekelberg, elle a suivi son supérieur lorsqu’il est devenu commissaire général de la police fédérale.

Pour ce faire, elle a été commissionnée, passant d’un poste de catégorie C à un autre de catégorie A. « Illégal », estime le comité P dans un rapport qui juge Sylvie Ricour non qualifiée et pas assez professionnelle avant de lui reprocher une certaine arrogance à l’encontre des collègues. Réactions de l’intéressée.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’heure qu’il est ?

Je me sens fatiguée, blessée, écœurée, révoltée. Et ma famille aussi souffre.

Quelle est la cause essentielle de cet état ?

Les rumeurs non fondées et les rapports qui se retrouvent sur le Net et dans lesquels on se rend compte que l’enquête du comité P n’a probablement été menée qu’à charge. Si on les lit bien, on constate qu’il n’y a que des extraits de témoignages négatifs. Les gens qui me connaissent bien et qui m’apprécient n’ont pas été entendus. Il faut aussi savoir que je n’ai même pas pu recevoir la copie de mon audition lorsque j’ai été entendue par le comité P. En outre, je n’ai pas pu me défendre face à ces témoignages qui ont été recueillis. On ne me les a même pas fait lire après. Je trouve aussi que tout ce qui a été dit dans la presse est très dénigrant.

Comment tout cela est-il né, selon vous ?

Je ne sais pas. Probablement en raison de la jalousie. Des personnes se sont senties frustrées par le fait que des collègues ayant travaillé énormément pendant des années bénéficient d’une promotion ou plutôt d’une amélioration de statut. On a parlé de 1.000 euros, mais c’est faux. Je peux dire que je gagnais 2.164 euros net par mois. Donc ce n’était pas 3.000 ou 4.000 euros comme on aurait pu le croire. C’est un investissement de neuf années de travail.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Jusqu’en 1999, j’ai travaillé dans le privé. Puis j’ai voulu faire autre chose. Je me suis dit que si je voulais évoluer dans ma carrière, il fallait trouver un emploi différent. Par hasard, une amie m’a dit que le cabinet du ministre de l’Intérieur de l’époque, Antoine Duquesne, qui venait de se former en juillet 99, recherchait des collaboratrices parlant français et néerlandais. J’ai envoyé un CV et j’ai été contactée sans avoir jamais connu quoi que ce soit en matière politique à part ce que j’en avais lu dans la presse. J’ai été engagée et on m’a dit que j’allais travailler dans la cellule « réforme des polices ».

C’est alors que vous commencez à travailler pour Fernand Koekelberg…

En 2001, le ministre Duquesne crée le SAT, le secrétariat administratif et technique du ministère de l’Intérieur, à l’image de ce qui existait à la Défense. Il regroupe tous les collaborateurs issus des services de polices. Dès lors, plus personne, depuis 2001, ne faisait partie des personnels de police puisque ce cabinet technique est mis en place. Fernand Koekelberg est alors nommé directeur général et on regroupe tout le monde sur un autre plateau. Anja Savonet venait du Sgap – Service général d’appui policier –, Fernand Koekelberg de la gendarmerie, Jean-Marie Van Branteghem de la police communale et Bernard Ista, de la police judiciaire. Ce sont toutes ces personnes qui ne se connaissent pas au départ et qui démarrent la réforme des polices.

La réforme se fait, et arrive 2007…

A ce moment, la police est restructurée et Fernand Koekelberg est nommé commissaire général. Il souhaite qu’Anja et moi le suivions.

C’est alors que vient le fameux commissionnement.

Il faut préciser que le ministre Patrick Dewael ne l’a pas imposé. Nous sommes alors en fin de législature. Il demande à Fernand Koekelberg s’il souhaite faire quelque chose pour des personnes qui ont travaillé pour lui. Anja et moi en faisons partie. Et c’est ce qui se passe. Deux juristes planchent sur des solutions. Nous, nous ne sommes pas informées. Nous le serons lorsque l’arrêté sera signé, dans le courant du mois de mai.

C’est une proposition qui nous est faite pour que nous ne perdions pas d’argent car, en quittant le SAT, nous perdions notre allocation et nos frais de détachement, entre 250 et 300 euros. Alors que nous allions avoir encore plus de travail.

Vous dit-on que c’est pour passer en catégorie A ?

Pas du tout, on ne le saura que bien plus tard.

Vous a-t-on dit que ce commissionnement poserait problème ?

Jamais parce que je reste convaincue que, lorsque le ministre et Fernand Koekelberg demandent aux juristes de voir ce que l’on peut faire, jamais ils ne souhaitent commettre un acte illégal. Il faut d’ailleurs noter que dans toute la fonction publique, ce type de commissionnement est permis. Sauf dans la police. Le juriste de la Fonction publique a d’ailleurs dit que c’est aberrant, mais ce n’est pas repris dans le rapport.

Avez-vous l’impression que l’affaire est récupérée par le politique ?

C’est regrettable car, au fond, c’est une tempête dans un verre d’eau et ni Patrick Dewael ni Fernand Koekelberg n’ont eu l’intention de commettre une faute.

Vous êtes actuellement sous certificat médical mais qu’espérez-vous lors de votre retour ?

J’espère revenir où j’étais, car je ne pense pas avoir commis d’erreur, et travailler en toute loyauté pour MM. Dewael et Koekelberg. Je perdrai de l’argent puisque les arrêtés vont être abrogés.

Difficile d’être une femme dans ce milieu d’hommes ?

C’est très difficile. Il faut parfois être cassante. On a quelquefois dit que j’étais « manipulatrice », ce qui est totalement faux. On ne peut pas se laisser marcher sur les pieds car les femmes ont très peu de place encore à l’heure actuelle. Alors une blonde en civil, ça fait beaucoup pour certains, qui ont une mentalité déplorable.

D’aucuns disent que ce qui vous arrive est dû au fait que vous et Fernand Koekelberg êtes très proches.

Je suis aussi proche de lui que d’Anja Savonet et de Jean-Marie Van Branteghem. Nous avons travaillé ensemble durant neuf ans, 12 à 14 heures par jour. Nous avons relevé des défis, parfois galéré pour réussir. Nous étions toujours à quatre. Alors oui, nous étions très proches mais les liens qui se sont tissés sont uniquement amicaux.

Quel est votre plus grand souhait maintenant ?

J’aimerais que l’on puisse rouvrir l’enquête du comité P, entendre d’autres personnes et répondre aux attaques formulées.

Vous envisagez des actions, notamment pour ne pas avoir eu de copie de votre audition ?

Mon avocate étudie le dossier, ainsi que deux syndicats.

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